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Du modèle villeneuvois de sécurité

Expression du Groupe socialiste publiée dans La Tribune du mois de décembre 2017.

Notre Groupe a voté pour l’armement de la police municipale. Il s’agit de répondre au besoin exprimé par nos policiers municipaux de leur fournir des moyens de protection adaptés.

Ce sujet n’est ni un tabou, ni un totem et ne doit en aucun cas être considéré comme l’alpha et l’oméga d’une politique de sécurité.

Notre modèle doit continuer de s’articuler :
– sur la prévention avec un fort investissement dans nos politiques volontaristes en direction de l’éducation, de la jeunesse, de la culture, du sport, de l’insertion… ;
– sur les missions de tranquillité publique assurées par la police municipale qui allie prévention, connaissance du territoire et qualité du service rendu à la population.

Enfin, en matière de sécurité, le nerf de la guerre reste la coopération entre tous les acteurs et surtout l’Etat dont c’est la responsabilité première.

C’est pourquoi nous souhaitons que la poursuite de l’augmentation des effectifs dans la Police nationale permettra de retrouver davantage de présence sur la voie publique et que « la police du quotidien » puisse se déployer sur notre territoire.

Victor Burette
Président du Groupe socialiste
villeneuvedascq-ps.fr

DÉBAT SUR LA POLITIQUE DE SÉCURITÉ ET L’ÉQUIPEMENT DE LA POLICE MUNICIPALE

Le Conseil municipal du mercredi 18 octobre a été l’occasion d’engager un débat sur la politique menée par la ville en matière de sécurité et les moyens de défense et de protection de la Police municipale. Par un vote à l’unanimité, le Conseil municipal a validé les démarches entreprises par le Maire en vue d’armer la Police municipale.

Retrouvez ci-dessous l’intervention de Didier Manier au nom du Groupe socialiste.

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Comme nous le savons la police municipale assure la mise en œuvre des pouvoirs de police administrative du Maire, dans une optique à la fois de prévention et de tranquillité publique.

Ces notions de prévention et de tranquillité publique sont à mettre en perspective avec :
– un sentiment d’insécurité persistant ;
– des incivilités de plus en plus nombreuses.

Dans le même temps, nous assistons depuis plusieurs années à un désengagement de l’État dans l’exercice de missions pourtant régaliennes avec :
– une baisse importante des effectifs de la police nationale et de la gendarmerie entre 2007 et 2012 avec la folie du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans le cadre de la RGPP (- 7 000 policiers et – 6 790 gendarmes, soit près de 13 000 postes supprimés et compensés en partie par la création de 2700 postes d’adjoint de sécurité) ;
– une réorganisation territoriale conduisant à une baisse des implantations et à un déficit de proximité.

Entre temps, de 2012 à 2017, 8 200 équivalents temps plein ont bien été créés dans la police et la gendarmerie. Pour autant, ces créations de postes, bien qu’importante, ont du mal à compenser les suppressions de postes massives engagées sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Enfin, une nouvelle donne a fait irruption en matière de sécurité publique avec la vague d’attentats que connaît notre pays depuis 2015. Nous le savons, ces attentats ont conduit l’Etat à établir des priorités dans l’affectation de ces nouveaux effectifs.

Sous la conjugaison de ces différents phénomènes, la police de tous les jours a perdu de sa « proximité » pour se transformer en une police d’intervention.

Un vide s’est créé pour nos concitoyens, accroissant ainsi le sentiment d’insécurité.

Face à cette situation, et comme souvent, les Maires se retrouvent en première ligne. De par leur responsabilité, ils sont ainsi appelés à pallier ces manques.

Entendons nous bien. Il est important de distinguer ici le débat national des réalités locales.

Nous ne pouvons que déplorer cette manière qu’à l’État depuis plusieurs années de se décharger de ses missions régaliennes sur les communes – en dénonçant dans le même temps l’augmentation des effectifs de la fonction publique territoriale.

Pour autant, sur le terrain, il appartient à nous, élus locaux, de prendre nos responsabilités et de ne pas laisser la place au désarroi.

De fait, les missions de la police municipale ont tendance à se rapprocher de celles autrefois assurées par la police nationale pour combler les désengagements. Nous assistons à un transfert larvé de compétences et de charges de l’État vers les municipalités.

Tout cela conduit nos policiers municipaux à se retrouver de plus en plus régulièrement dans des situations sensibles. En uniforme, ils ont le sentiment d’être devenu une cible.

C’est en tenant compte de cette réalité des faits et non par idéologie que nous validons le choix de l’armement de nos policiers municipaux. Un armement qui permet d’accorder les moyens de protection et de défense demandés unanimement par nos policiers municipaux. La question de l’armement de la police municipale apparait ainsi comme l’aboutissement d’un long processus.

Pour autant, l’armement ne constitue pas pour nous un épouvantail politique que certains agitent sans réfléchir à la question de la sécurité dans sa globalité. Il n’est qu’un instrument parmi d’autres qui ne doit en aucun cas remettre en question notre modèle villeneuvois qui s’articule autour de deux axes :
– la prévention (centres sociaux, Maisons de quartier, travailleurs sociaux, médiateurs, politique en faveur du sport et de la jeunesse…);
– les missions de tranquillité publique assurées par la police municipale.

Sur ce dernier point, si nous sommes favorables à l’actuel renforcement des effectifs qui nous conduira à avoir 29 policiers municipaux et 10 ASVP ou au déploiement de la vidéo protection, une question se posera nécessairement aux communes.

Jusqu’où faut-il aller ?

Pour notre part, nous insisterons sur trois points de vigilance :

– la police municipale doit demeurer une police de proximité qui allie prévention, connaissance du territoire et qualité du service rendu à la population ;
– la police municipale doit maintenir une priorité sur l’ilotage, la présence sur la voie publique et doit se prémunir, à l’instar de Nice, de la tentation de jouer au shérif en glissant vers une police d’intervention ;
– enfin, en matière de lutte contre le sentiment d’insécurité et la délinquance du quotidien, le nerf de la guerre reste la coopération entre tous les acteurs. C’est pourquoi nous sommes soucieux du travail mené dans le cadre du CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance) qui permet d’être respectueux du cadre d’intervention de chacun.

Pour toutes ces raisons, notre groupe soutient les démarches entreprises par le Maire en vue d’armer la police municipale.